Beneath the Surface : Killer Whales, SeaWorld and the Truth beyond Blackfish, de John Hargrove

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La couverture du livre, image tirée de la page Amazon

 

Données techniques

Beneath the Surface : Killer Whales, SeaWorld, and the Truth Beyond Blackfish est un livre de 270 pages, édité par Palsgrave Macmillan. Il a paru en avril 2015. Pour le moment, aucune traduction en français n’est disponible.

Résumé

John Hargrove est un ancien « trainer » de SeaWorld. Pendant une vingtaine d’années, il a travaillé, nagé et créé des liens avec plus d’une quinzaine d’orques dans plusieurs des parcs de l’entreprise. Quelques mois après sa démission, il apparaissait dans Blackfish, le documentaire racontant « la vérité derrière SeaWorld ». Dans ce livre, il complète les témoignages qu’il a livrés devant la caméra, et nous emmène dans les coulisses, derrière les paillettes et la vie en rose que SeaWorld nous vend en même temps que leurs billets d’entrée. Il nous apprend comment les orques sont vraiment traitées, l’effet de la captivité prolongée sur ces animaux et les non-dits derrière les accidents que la firme évite de trop aborder.

Mon avis

Ah, SeaWorld… Durant ma (courte) existence, j’ai mis les pieds dans deux de leurs parcs : celui de San Diego, le plus vieux, et celui d’Orlando. Si l’on compte un peu plus large, on peut rajouter Busch Gardens, les parcs d’attractions/zoos gérés par la même entreprise, Discovery Cove, qui partage ses bassins avec le parc floridien, et Loro Parque, un parc animalier des Îles Canaries dont les orques ont très aimablement été offertes et envoyées par SeaWorld (quelle gentillesse !)

SeaWorld, c’est des dizaines d’orques retenues, voire nées, en captivité, depuis la capture de son premier résident, Shamu (qui a donné son nom aux shows actuels), dans les années 60. C’est, plusieurs fois par jour, tout au long de l’année, des spectacles mettant en scène des trainers et leurs orques, impressionnants par leurs tours et leur complicité. C’est des reproductions forcées, souvent entre membres de la même famille, c’est des petits arrachés à leur mère, dont ils sont pourtant très dépendants, pour pouvoir continuer les spectacles, c’est des accidents passés sous silence par la firme, c’est des orques privées de nourriture pour mauvaise conduite, c’est des animaux qui se tuent à petit feu, qui deviennent fous par manque de place.

Bref, c’est le paradis sur terre.

John Hargrove a vécu au coeur de ce paradis pendant une vingtaine d’années. Trainer (le terme « dompteur » me paraît un peu faible pour les relations qu’il décrit tout au long du livre) désormais à la retraite anticipée, il nous raconte tout ce que la firme ne veut pas que le public sache, les petits et grands secrets bien cachés . On suit son parcours tout au long du livre, de son rêve de gosse, jamais abandonné depuis qu’il a mis les pieds dans un parc pour la première fois, à sa lente et douloureuse réalisation que ce rêve n’en était peut-être, finalement, pas un. En parallèle de son histoire personnelle, il nous parle, surtout, des orques, de leurs habitudes lorsqu’elles vivent en liberté comparées avec leur vie en captivité.

Je doute très sincèrement que quelqu’un remette les pieds à SeaWorld après avoir lu ce livre, du moins pas de gaieté de coeur et pas avant que la firme ne change quelque chose à sa façon de retenir les animaux en captivité. Le style de John Hargrove n’est certes pas très élaboré, mais il est poignant. Derrière ses mots, on sent sa douleur d’avoir dû laisser « ses » orques derrière lui sans rien avoir pu faire – ou très peu – pour améliorer leur quotidien. Difficile, après avoir lu ses révélations sur l’impact psychologique de la captivité sur ces animaux, de se retrancher derrière des “non, non, mais ils font ça pour la survie de l’espèce !”.

Au fil des pages, on oscille entre la tristesse, le choc, le dégoût et la colère. À mesure que John Hargrove se rend compte de la vérité derrière son métier et doit se forcer à accomplir des gestes qui vont à l’encontre de sa morale, on a de plus en plus envie d’envoyer des emails plus ou moins injurieux à SeaWorld pour leur expliquer notre point de vue. Envie culminant à chaque fois qu’il aborde les accidents et blessures causés par des orques, toujours très médiatisés, mais jamais avec la totale et triste vérité. On se demande aussi, souvent, pourquoi il a persisté aussi longtemps dans ce métier tout en sachant que ce qu’il aidait à faire était, moralement, « faux ». Avec toujours la même conclusion : si ça n’avait pas été lui, ça aurait été un(e) autre, peut-être moins attentif, peut-être moins passionné, qui se serait peut-être moins soucié du bien-être de ses protégés.

En conclusion, ce livre m’a à la fois extrêmement touchée et extrêmement dégoûtée. Ne vous attendez pas à sortir indemne de ces pages : même si le sujet vous était un peu inconnu au début, il vous tiendra à coeur à la fin !

Ce que je lui reproche

S’il fallait chipoter un peu… Le côté parfois un peu trop personnel de son récit. Bien que son expérience soit, évidemment, une partie importante du livre, on a parfois envie de lui dire d’abréger un peu et de nous reparler des orques, sujet principal. Malgré tout, ce n’est pas un point extrêmement dérangeant, et la lecture reste agréable.

Note

7/10…

Je pense que c’est un bon livre pour commencer à aborder le sujet, mais qu’il manque de quelques détails et points de vue différents (par exemple, plus de points de vue de spécialistes marins).

Malgré cela, la lecture restait très intéressante et sûrement qu’elle donnera aux gens, comme à moi, envie d’en savoir plus et d’étudier encore plus le sujet.

Niveau de difficulté de lecture en version originale (anglais)

4/5

Forcément, étant donné que c’est un livre sur un sujet en particulier, il y a pas mal de termes spécialisés. En soi, si on a le courage de lire en ouvrant de temps en temps un dictionnaire, et avec un bon niveau d’anglais, ce ne sera pas un grand obstacle… Par contre, je le déconseillerais aux débutants dans cette langue : ça pourrait vite être décourageant de se retrouver bloqué devant un terme toutes les 2-3 pages…

La citation

Difficile de n’en choisir qu’une seule : beaucoup de phrases sont très bien tournées pour résumer de façon très brève le calvaire de ces orques. Néanmoins, celle-ci m’a particulièrement frappée…

 »Young orcas have so much energy and curiosity – I could sense the desperation sink in when they finally realize their fate is to be one of repetitive performance and routine. »

Le passage

En règle générale, tous les passages abordant la question des attaques des orques sur les humains. Soudainement, on apprend que la version de SeaWorld, selon laquelle ce serait le trainer qui se serait mis en danger, est totalement erronée, à (quasiment) chaque occasion. La narration des accidents arrivés à l’auteur-lui même est particulièrement poignante : il retranscrit bien l’impuissance qu’il a pu ressentir face à ces  »monstres marins ».

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

A priori, John Hargrove ne prévoit pas d’écrire une suite à son livre, mais il n’a pas affirmé le contraire non plus.

Côté grand écran, outre Blackfish, qui aborde le même sujet et dans lequel on le voit donner plusieurs interviews, son livre a apparemment intéressé deux réalisateurs. En effet, en novembre 2015, Michael Snyder et Rachel Stotts auraient contacté Hargrove au sujet d’une adaptation… Affaire à suivre !

Le relirais-je ?

Ce livre en particulier, je ne pense pas.

Néanmoins, il m’a donné envie de me renseigner plus sur le sujet et de lire d’autres livres et voir d’autres documentaires qui en traitent. Je dirais que c’est un bon bouquin pour commencer à aborder le sujet, mais je suis certaine que d’autres en traitent de façon plus détaillée et, peut-être, plus intéressante.

Précision

Je suis bien consciente du fait que John Hargrove est, depuis quelques mois, au coeur d’une polémique, d’une part à cause des termes racistes et inexcusables employés lors d’un extrait vidéo et, d’autre part, due au fait que SeaWorld répète inlassablement qu’il ne dit pas la vérité et a sa propre version des faits erronée. Je ne connais pas toute l’histoire de sa carrière et de sa démission et n’en ai donné ici que le point de vue donné dans son livre.

Cela ne veut pas dire que je tolère tous ses points de vue et que j’accepte tout ce qu’il dit sans le questionner – bien que je sois d’avis que ce qu’il nous raconte sur le traitement des orques et les vraies circonstances des accidents est vrai. J’ai simplement tenté de donner une critique de son livre aussi neutre que possible et n’excuse en aucun cas les comportements et termes racistes qu’il a pu avoir.

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