102 Minutes, de Jim Dwyer et Kevin Flynn

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La couverture du livre, aux éditions Arrow

Données techniques

102 Minutes est un livre de Jim Dwyer et Kevin Flynn sorti en janvier 2005. Je possède pour ma part la version éditée par Arrow, qui fait 350 pages (dont une cinquantaine à peu près sont consacrées aux notes et remerciements). Il a été traduit en français par Jacques Bonnet et est disponible aux Éditions Privé (345 pages).

Résumé

Tous ceux qui étaient suffisamment âgés pour se souvenir de cette date fatidique savent ce qu’ils faisaient le 11 septembre 2001, jour où des terroristes ont détourné des avions de ligne pour les faire s’écraser dans les tours jumelles du World Trade Center. Le résultat fut une attaque terroriste gravée dans la plupart des mémoires, particulièrement celle des New-Yorkais. Jim Dwyer et Kevin Flynn nous proposent de suivre les événements tels que vécus par ceux qui étaient au coeur de la catastrophe : avocats, banquiers, travailleurs en tout genre, policiers et pompiers, ils étaient tous présents à l’intérieur de l’une des tours. Par leurs récits et les enregistrements audio retrouvés (appels téléphoniques, entre autres), les deux auteurs reconstituent l’histoire le plus fidèlement possible.

Mon avis

Je n’avais que quatre ans et des poussières lors des attaques terroristes, mais c’est une période dont je me souviens très bien. C’est probablement un des premiers souvenirs clairs que j’aie : l’image des tours qui s’effondrent (que nos profs d’école enfantine avaient jugé utile de nous montrer… Ne cherchez pas à comprendre). Entre temps, j’ai mis plusieurs fois les pieds à New York, d’abord à une période où seul le mémorial était présent, puis, il y a quelques mois, j’ai pu visiter le musée et la nouvelle tour.

En bref, les événements du 11 septembre font partie de ceux qui me touchent particulièrement, et j’avais envie d’en savoir un peu plus sur ce qu’il s’était vraiment passé. Parmi les plusieurs livres que j’ai sélectionnés sur ce thème, 102 Minutes était celui par lequel je souhaitais commencer.

Une chose est certaine avec ce livre : la documentation a été faite plus que scrupuleusement. Si on en doute encore à la fin du texte en lui-même, les 35 pages de notes et références à la fin du livre nous le confirment… Les événements se suivent dans un ordre chronologique précis et on peut voir chaque étape de cette journée par plusieurs points de vue. Les deux auteurs ont eu accès à différentes sources, conversations entre employés ou secouristes, appels téléphoniques, communications radios et témoignages de survivants. Ça se ressent dans le récit final qui est riche et précis. La narration des événements en eux-mêmes est entrecoupée de précisions sur la conception des tours ou la gestion des secours, toujours bien expliquées mais parfois répétés… à outrance.

Le moins que l’on puisse dire de ce bouquin, c’est qu’il est prenant et très émouvant. Effets encore accentués par la liste, à la fin du livre, des personnes mentionnées dans le livre qui n’ont pas survécu… C’est particulièrement affreux de suivre le parcours d’un ou une protagoniste et de découvrir qu’il ou elle ne s’en est pas sorti(e). Pour tout vous dire, j’ai dû faire des pauses régulières entre deux chapitres pour souffler un coup et lire quelque chose d’un petit peu moins déprimant. Les moments très poignants sont surtout ceux où les auteurs retranscrivent les dernières conversations téléphoniques de ceux qui se savaient condamnés (notamment ceux qui étaient bloqués au-dessus des étages de l’impact) avec leurs proches… C’est affreux de s’imaginer à leur place, à devoir faire leurs adieux parce qu’il leur est impossible de quitter le bâtiment. Parfois, il me fallait également un moment pour réaliser que, non, ce n’était pas un livre de fiction (malheureusement), mais que ça s’était vraiment passé et que des gens avaient vraiment vécu ces moments horribles.

Jusque là, je ne m’étais pas rendu vraiment compte des problèmes de gestion d’évacuation qu’il y a eus, qui nous sont très bien expliqués à plusieurs reprises. Ça prend aux tripes de se dire que quelques dizaines, voire centaines, de gens supplémentaires auraient pu sortir sain et sauf si la communication entre les équipes de secours (policiers et pompiers, surtout) avait été mieux organisée.

Le problème principal de ce livre, à mon goût, est que c’est souvent compliqué de se souvenir de qui est qui, et parfois, le «changement de tour» au milieu d’un chapitre est très déstabilisant. Évidemment, c’était compliqué de faire autrement, étant donné que les auteurs ont choisi de relater les événements chronologiquement, et pas avec le format un chapitre égal une histoire. Cependant, ça m’a parfois forcée à remonter d’un chapitre ou deux pour comprendre de qui on parlait et de sa situation.

En résumé, c’est un très très bon livre pour être au clair sur les événements tels qu’ils ont été vécus de l’intérieur. En plus de cela, il évite le point de vue de la naïveté «tout était parfait dans l’organisation» pour y préférer la vérité. Je pense que c’est un bon livre pour s’introduire au sujet si l’on s’y intéresse vraiment. Il ne faut cependant pas oublier que ce n’est pas un travail de fiction et que ce n’est donc pas romancé – même si le style reste léger à lire.

Ce que je lui reproche

Outre le problème de «l’embrouillement» entre tous les noms, inévitable avec le mode de narration chronologique, il y a un aspect en particulier qui a fini par me taper un petit peu sur les nerfs : la répétition !

Je n’exagère même pas, je pense que les auteurs parlent à quatre ou cinq reprises du fait que la communication entre les policiers et les pompiers était impossible car les chefs avaient laissé les radios destinées à cet usage derrière eux. Donc, d’accord, c’est choquant, la première fois on a envie de se taper la tête contre un mur en apprenant ça… Et puis, la quatrième fois, on a envie de se taper la tête contre un mur pour une autre raison : parce qu’on a compris, à force !

C’est un détail et ça ne gêne pas la lecture très longtemps (il suffit de sauter la phrase concernée…) mais je finissais par me demander si c’était voulu ou si les auteurs s’étaient mal relus, sachant que parfois c’était presque exactement la même phrase qui était reproduite…

Note

J’hésite grandement entre 7 ou 8…

Du coup je vais me décider pour un 7,5/10. C’est une lecture que j’ai appréciée, mais j’aurais apprécié un peu plus de clarté pour qu’on s’y retrouve entre les chapitres.

Niveau de difficulté de lecture en version originale (anglais)

Pour le coup, je monterais jusqu’à 4/5

Le lexique utilisé est riche et parfois spécialisé (notamment lorsqu’ils abordent le matériel des secours ou la conception des tours). Il y a également le problème pour s’y retrouver entre deux chapitres, qui doit encore être accentué si on ne maîtrise pas la langue…

La citation

«Now the lights have gone out. The giant platters of air plunge past the people in the north tower and hit bottom. The wind seems to be bouncing back up stairway B, whipping tons of crushed building particles along the shaft. The people stretched up and down the lower floors of that stairway – the ones with Josephine Harris, a couple of the stragglers who had stayed in Pat Hoey’s office on the 64th floor all morning – can see nothing. They pry open a door; but it goes nowhere: they huddle, alive, in the last intact stub of the World Trade Center. Above them is only sky.»

Le passage

Trop compliqué de n’en choisir qu’un, je m’en accorde deux pour ce livre…

Le premier, celui (ou ceux) où l’on suit Frank de Martini et Pablo Ortiz, deux hommes qui auraient pu sortir vivants de ces attaques. Cependant, en restant dans la Tour Nord pour sauver la vie de personnes coincées dans les étages supérieurs, ils n’ont pas pu sortir à temps, avant l’effondrement. Pendant quelques paragraphes, on suit leur progression pour sauver la vie de 77 personnes. C’est très touchant et un bel hommage à ces héros.

Deuxièmement, le sauvetage de Will Jimeno et John McLoughlin. Ces noms vous disent peut-être quelque chose : ce sont ceux des deux officiers de police dont l’histoire est racontée dans le film World Trade Center. Après l’effondrement des tours, ils se sont retrouvés coincés dans les débris. Ce sont deux officiers de Marine, qui se sont rendus sur les lieux pour tenter d’aider, qui les ont entendus crier. Ils ont été délivrés après une dizaine d’heures et (comme dans le film), ce sont quelques lignes pleines d’émotion… et d’espoir.

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Le livre en lui-même n’a pas été adapté, bien qu’il existe un documentaire presque du même nom (102 Minutes that changed America). En plus de ce documentaire, il existe une foule de films et d’autres docus sur ce même sujet, plus ou moins réussis.

Aucune suite ou complément officiel n’a été écrit par les mêmes auteurs mais, à nouveau, il y a énormément de livres, romans et fictions qui abordent plus ou moins directement de ces événements.

Le relirais-je ?

Je ne pense pas que ce soit un livre que je relirai, essentiellement parce que j’ai de la peine à relire des livres qui ne sont pas des romans. Par contre, il m’a donné une base solide pour m’attaquer à d’autres romans sur le sujet tout en sachant de quoi il s’agit et en pouvant bien me représenter les événements dans leur ordre chronologique.

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