Lusitania 1915, la dernière traversée, de Erik Larson

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La couverture de Dead Wake, aux éditions Black Swan

Données techniques

Dead Wake : The Last Crossing of the Lusitania est un livre d’Erik Larson, sorti en 2015. Mon exemplaire est celui sorti aux éditions Black Swan et cumule un peu plus de 420 pages, dont une soixantaine de notes et bibliographie. Il a été traduit en français par Paul Simon Bouffartigue sous le titre de Lusitania 1915, la dernière traversée .

Résumé

Alors que la Première Guerre Mondiale fait rage sur le sol européen, le Lusitania et ses 2000 passagers quittent New York pour Liverpool. Une traversée passant dans les eaux déterminées par l’Allemagne comme zones de guerre… Aux commandes de son sous-marin, et malgré l’interdiction de couler les bateaux civils, Walter Schwieger causera une nouvelle catastrophe maritime…

 

Note

10/10 !

Ce fut un véritable coup de coeur, qui m’a passionnée du début à la fin. Je me suis retrouvée plongée dans la période de la Première Guerre Mondiale, que je connaissais pourtant peu, avec grand enthousiasme. J’ai adoré le style de l’auteur, extrêmement intéressant et facile à suivre malgré la complexité des événements.

Mon avis

Il y a de ces livres dont je sais après une dizaine de pages seulement qu’ils seront un vrai coup de coeur et qu’ils me passionneront. Dead Wake (je vais abréger) en fait partie.

Je suis une grande amatrice d’histoire lorsqu’elle est bien présentée, de façon attrayante et  autant dire que si Erik Larson avait été mon professeur d’histoire, j’aurais été plus attentive en cours. Non seulement il est extrêmement bien documenté (en témoignent les presque soixante pages de notes et de bibliographie), ce qui donne un récit complet et dont on ne ressort pas frustré par manque d’informations, mais en plus il présente les choses d’une façon telle que l’on a l’impression de lire un roman et non pas la narration de faits réels.

Son approche, comme je l’ai dit, est complète : on suit les événements de plusieurs points de vue – celui des passagers du Lusitania, du capitaine du sous-marin qui a coulé le bateau, des différents chefs d’état et d’une division secrète qui interceptait les messages de l’Allemagne et les décryptait. Ce sont les principaux, agrémentés occasionnellement d’autres points de vue importants pour le déroulement des événements. Chaque changement de protagoniste est marqué clairement et on sait toujours qui est-ce que l’on suit et où. Tous ces points de vue permettent d’avoir un panorama complet de la situation et je n’ai jamais été perdue sans savoir ce qu’il se passait, ou qui on suivait. Je n’ose même pas imaginer le travail de recherche qu’il a dû y avoir derrière ce livre, à retrouver toutes les sources et à les assembler dans le bon ordre chronologique. La biographie est impressionnante et les différents documents sont variés, témoignages, lettres ou encore journaux intimes retrouvés.

Si vous craignez de ne pas tout comprendre au livre car vous n’y connaissez pas vraiment grand chose  à la Première Guerre Mondiale, soyez rassurés : tous les faits les plus importants ayant mené au naufrage sont expliqués de façon simple mais suffisante pour s’y retrouver. Je n’ai que des connaissances de base sur cette période (je ne savais même pas pourquoi les États-Unis étaient finalement entrés en guerre…) mais le contexte est très clairement exposé.

Le style de l’auteur, quant à lui, est très fluide et parvient à capter les événements de façon à les rendre presque romanesques. J’ai dû me rappeler à plusieurs reprises que je n’étais pas en train de lire un roman, tellement j’étais plongée dans l’histoire. Certains romanciers ont des histoires bien moins prenantes que celle-ci ! Une citation à l’arrière du livre le compare au film Les Dents de la Mer  et je dois dire que c’est une comparaison très bien trouvée ! On sait comment les événements vont se terminer (après tout, la couverture est assez parlante), mais le suspens est bien entretenu et monte au fur et à mesure des pages… Il ne manque plus que la petite musique angoissante et le tableau est complet.

Les différentes personnes concernées par le naufrage sont, elles, présentées de manière très humaine, même pour les chefs d’état : dans la mesure du possible, l’auteur nous donne une description de leur caractère ainsi que de leur passé et, pour les passagers, des raisons qui ont mené à leur embarquement sur le Lusitania. Il y a beaucoup de noms différents, mais une mini-description y est rattachée à chaque fois que l’on retrouve un protagoniste (par exemple, on nous rappelle régulièrement que Lauriat est le libraire) et, moi qui ai pourtant beaucoup de difficultés à me rappeler des prénoms, je n’ai pas eu de peine à m’y retrouver.

C’est donc un gros coup de coeur et je note le nom de l’auteur pour ne pas oublier de lire ses autres livres… En espérant qu’ils soient tous aussi passionnants !

 

Ce que je lui reproche

J’ai beau me creuser la tête, je ne trouve rien… Sûrement que ce livre n’apparaîtra pas comme parfait aux yeux d’autres lecteurs mais, pour moi, il contenait tout ce que j’attends d’un récit historique, voire plus !

 

Niveau de difficulté de lecture en version originale (anglais)

3,5/5

Le livre contient plusieurs termes spécialisés, mais ils sont normalement expliqués pour les plus compliqués. Néanmoins, il y a beaucoup de personnages, de lieux et d’actions différentes, et le récit change souvent de point de vue, ce qui peut être assez déstabilisant quand on ne connaît pas bien la langue.

Je ne le conseillerais pas à un débutant mais il n’est pas non plus obligatoire d’avoir un niveau très élevé en anglais, simplement une bonne motivation et réussir à suivre un récit suivant de nombreux protagonistes.

 

La citation

Difficile de choisir une citation dans un livre comme celui-ci… C’est plutôt les différentes situations et le déroulement des faits qui sont frappants. Cependant, j’ai opté pour celle qui explique le titre du livre, ce mystérieux «Dead Wake».

«The track lingered on the surface like a long pale scar. In maritime vernacular, this trail of fading disturbance, whether from ship or torpedo, was called a  »dead wake ».»

Et voilà, le mystère de ce terme est résolu !

 

Le passage

Cette fois-ci, c’est un passage qui se situe quasiment tout à la fin du livre et qui m’a particulièrement frappée. On entend souvent que l’histoire se joue à un détail près (comme on le voit très bien dans La Part de l’Autre, le livre d’Éric-Emmanuel Schmitt qui se demande ce qu’il serait arrivé si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts…) et ici, Erik Larson déroule une liste de petits détails qui ont mené au désastre. On voit très clairement que cela c’est joué à une succession de hasards, plus ou moins importants, sans lesquels le naufrage aurait probablement été évité. C’est très frappant de voir, une fois de plus, à quel point une situation se joue à quelques minutes près, et n’est qu’une suite de malchances alignées !

 

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Si le sujet du Lusitania vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus, une dizaine de livres ont été écrits sur le naufrage et les événements qui y sont directement liés. Je n’en ai pour le moment lu aucun, mais je me suis fait une liste. J’en reparlerai ici si un jour, je me plonge dans un nouveau récit du naufrage.

Côté septième art, c’est plutôt pauvre… Il existe un dessin animé, «The Sinking of the Lusitania», sorti en 1918 et trouvable sur Internet. Apparemment, M6 serait également en production d’un docu-fiction sur le sujet : affaire à suivre !

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