It’s Kind of a Funny Story, de Ned Vizzini

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Couverture de It’s Kind of a Funny Story, aux éditions Hyperion

Données techniques

It’s Kind of a Funny Story est le troisième roman de Ned Vizzini, sorti en 2006. Il a été traduit en français par Fanny Ladd, sous le titre Tout Plutôt qu’être Moi et est disponible aux éditions La Belle Colère. Mon exemplaire, édité par Hyperion, fait un peu plus de 450 pages.

Résumé

En apparence, Craig Gilner, 15 ans, a tout pour être heureux : il a été admis dans l’école de ses rêves, il a de bons amis et une famille qui l’aime. Mais la vérité est plus sombre. Craig souffre de dépression. Le jour où le quotidien devient trop dur à supporter et qu’il a des pensées suicidaires, il décide de se faire interner, pour quelques jours, en hôpital psychiatrique. Là-bas, il rencontrera d’autres patients hauts en couleurs et devra faire face aux causes de sa dépression…

 

Note

10/10 !

Sans hésitation aucune, c’est un gros coup de coeur. J’ai ri, j’ai été émue, je me suis énormément attachée aux différents personnages. C’est un livre qui parle de la dépression adolescente, de la pression de la société, sans tabous, avec justesse et vérité, mais aussi avec humour, tendresse et espoir. Un must read !

Mon avis

Si j’étais fan de comparaisons un peu niaises, je dirais que ce livre est comme une flèche d’émotions qui m’a touchée en plein coeur. Heureusement pour vous (et pour moi), je ne suis pas une fan de comparaisons un peu niaises. Alors en guise d’introduction, je me contenterai de dire trois choses. Tout d’abord, un millier de mercis à Ned Vizzini pour avoir réussi à écrire un livre si juste et « léger » sur un thème si grave. Et ensuite, s’il y a bien un livre que j’aurais aimé avoir entre les mains il y a quelques années de cela, quand, moi non plus, je n’arrivais plus vraiment à voir du sens à ma vie, eh bien ce serait celui-là. Et finalement, je suis toujours émue, bien que j’aie tourné la dernière page hier matin. Parce que ce livre a fait résonner en moi des expériences passées que, je l’avoue, je préfère oublier mais qui, malgré tout, me définissent et ont fait de moi… Eh bien, moi.

Ned Vizzini, l’auteur, connaît le sujet sur lequel il a écrit. Il a lui-même souffert de dépression pendant de longues années, jusqu’à ce qu’il mette fin à ses jours en 2013. Il a également fait un séjour en hôpital psychiatrique quand il avait la vingtaine. En bref, on comprend assez vite que l’histoire qu’il nous raconte est inspirée de son expérience personnelle. Et ça se sent, vraiment. Ça se sent dans la justesse avec laquelle il parle de la dépression. Je l’avais déjà dit dans ma critique de Every Last Word, je hais quand les auteurs font de la maladie une qualité. Non, être dépressif n’est pas « fun » et non, ça ne consiste pas seulement à réfléchir longuement au sens de la vie en observant la lune. C’est plutôt ne plus voir quel est l’intérêt de sortir de son lit chaque matin, avoir (pas pour tout le monde) un rapport compliqué avec la nourriture, douter que tout ceci s’arrangera un jour et se demander si, vraiment, continuer de se battre chaque matin pour vivre vaut la peine. Pour d’autres, ça veut dire automutilation et pensées suicidaires. Et ça, Ned Vizzini en parle sans tabous, sans enjoliver et, rien que pour ça, je pourrais épouser ce livre. C’est poignant de vérité, on a envie de pouvoir faire quelque chose pour Craig, de pointer du doigt tous les éléments de sa vie (prétendus amis, pression du lycée, …) qui le coulent de plus en plus jusqu’à le mener jusqu’à son breaking point, qu’il gèrera tant bien que mal.

Et à côté de la justesse du sujet, de l’absence totale de tabous qui pourraient faire croire à un récit sombre, déprimant, il y a cette légèreté et cet humour qui m’ont définitivement convaincue que ce livre et moi, c’était une vraie histoire d’amour. Ce livre est une ode à l’espoir, rempli de personnages extrêmement attachants, et bourré de tendresse dans le cas de Craig. Ce dernier, bien qu’étant dans une période vraiment compliquée de sa vie, ne perd pas son humour quand il parle avec ses parents et, surtout, ne perd pas sa gentillesse avec les autres, en particulier les autres patients de l’hôpital psychiatrique. Patients qui sont d’ailleurs très haut en couleurs, qui ont évidemment tous leurs problèmes mais qui sont drôles ou touchants, et qui gèrent leur situation du mieux qu’ils peuvent. Les dialogues entre Craig et les patients m’ont successivement touchée ou fait rire, ils sont très bien écrits et, même si on n’a qu’un court aperçu de la vie des différents personnages, on a l’impression de les connaître et on s’y attache énormément. J’ai adoré Ebony et Humble, personnellement.

Et la fin (oui, je risque de spoiler)… Elle est évidemment un peu prévisible, mais toujours tellement émouvante et juste. Une fois qu’on a souffert de dépression, on a toujours l’idée dans la tête, on a conscience qu’on peut replonger, que ce n’est pas simplement une maladie dont on guérit et qu’on oublie. C’est un peu plus compliqué que cela et la fin de l’histoire de Craig nous le montre : il va mieux, son séjour à l’hôpital l’a remis sur les rails et lui a fait prendre certaines décisions qui étaient nécessaires, mais il aura toujours le souvenir de cette expérience et la crainte de replonger.

En bref, c’est un énorme coup de coeur auquel j’ai de la peine à trouver des défauts. J’espère que, d’une façon ou d’une autre, l’auteur sait que son livre m’a fait du bien et, sûrement, a aidé d’autres personnes. Encore une fois, merci à lui…

La citation

Je pense que le choix n’a jamais été aussi difficile à faire. Il y a une dizaine, voire plus, de citations que je pourrais mettre ici, parce qu’elles m’ont parlé, fait rire ou émue. Alors j’y suis allée au hasard parmi ma sélection et le hasard a décidé de vous faire partager celle-ci…

« People are screwed up in this world. I’d rather be with someone screwed up and open about it than somebody perfect and ready to explode. »

 

Difficulté de lecture en version originale (anglais)

2,5/5

Le vocabulaire est simple (sauf quand on aborde des termes médicaux, mais ils sont expliqués) et il y a beaucoup de dialogues, ce qui rend la lecture assez facile et légère. En plus, en ce qui me concerne, c’est un livre qui me donnait envie de lire une page de plus, puis encore une, puis une de plus… Enfin, un vrai page-turner. Par contre, il est assez long et il faut en être conscient en se lançant dans la lecture !

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Oui et non !

L’adaptation cinématographique est sortie en 2010, sous le titre It’s Kind of a Funny Story en anglais et Une drôle d’histoire en français. Anna Boden et Ryan Fleck étaient à la réalisation et Keir Gilchrist joue le rôle de Craig. Pour les fans d’Orange is the New Black, vous reconnaîtrez Laverne Cox, alias Sophia dans la série, dans le rôle d’une des patientes. Le film a une note de 7,2/10 sur IMDb.

Pas de suite par contre, mais Ned Vizzini a écrit plusieurs autres livres tournant autour du même sujet. Je prévois de les découvrir prochainement !

11 réflexions sur “It’s Kind of a Funny Story, de Ned Vizzini

  1. Pleack dit :

    La couverture est assez loufoque mais plaisante à regarder. On croirait voir les tableaux « graphiques » de Malevitch ou Kandinsky ^^
    Pour ce qui est de l’auteur ou de l’ouvrage, je ne connais aucun des deux. Tu sais si l’adaptation cinématographique est bonne ? Si tu l’as vue ? Car bon, les notes je ne m’y fie pas énormément :3

    J'aime

    • livroreusech dit :

      La couverture fait référence à l’art que fait Craig (il dessine des plans des cerveaux des gens^^). C’est vrai que c’est assez spécial et un peu hypnotisant eheh.
      Je ne connaissais pas du tout l’auteur non plus, je l’ai découvert sur la blogosphère et j’ai vraiment vraiment croché !
      J’ai pas vu le film encore non, je prévois de faire ça ce week-end vu qu’il est sur Netflix 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. foxyreader dit :

    Pendant que je lisais ton avis, je me demandais : « j’ai pas vu l’adaptation cinématographique de ce bouquin ? »… J’ai eu ma réponse à la fin de l’article ^^
    Du coup, je lirai peut-être ce livre à l’occasion, quand je ne me souviendrai plus trop du film 😛

    Aimé par 1 personne

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