Ceux qui se taisent, de Bruno Doucey

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Couverture de Ceux qui se taisent, aux Éditions Bruno Doucey

Avant toute chose, merci à Babelio et aux éditions Bruno Doucey pour ce partenariat !

Données techniques

Ceux qui se taisent est un recueil de poèmes écrits par Bruno Doucey, publié en mai 2016 aux Éditions Bruno Doucey. Le recueil fait un peu plus de 130 pages.

 

Résumé

Dans ses poèmes, Bruno Doucey donne la parole à des personnes souvent ignorées. Amis entourant un proche sur son lit de mort, mère dont l’enfant devient extrémiste, habitants grecs touchés par la crise… Tant de situations qui font écho avec la nôtre, d’une manière ou d’une autre, et qui nous sont ici narrés avec simplicité et émotion.

Note

7/10

Malheureusement pour moi, la poésie reste encore et toujours un style littéraire qui me dépasse un peu. Je ne suis pas touchée comme j’aimerais l’être et j’ai souvent du mal à rentrer dans l’univers. Malgré cela, j’ai aimé ce recueil de poésie et beaucoup apprécié ce point de vue différent sur des thèmes récents.

Mon avis

La poésie et moi, c’est une affaire qui ne marche pas, à mon plus grand regret. J’ai essayé Rimbaud, j’ai tenté Verlaine, j’ai un peu retrouvé espoir avec Baudelaire… Et puis finalement, non. C’est pas que je n’aime pas ça : je trouve ça très joli et je suis vraiment admiratrice de ces auteurs qui réussissent à manipuler les mots pour leur donner tout leur sens, tout ça dans un format réduit et bien particulier. Par contre, je n’arrive pas à avoir ce petit truc en plus, à être époustouflée et émue, que je ressens pourtant en lisant certains romans. Un style que j’admire mais qui me plaît moyennement, donc.

Ce fut donc un défi personnel de « postuler » pour recevoir Ceux qui se taisent, de Bruno Doucey, poète jurassien dont le nom me disait quelque chose… Et à raison : c’est lui qui a écrit un petit dossier sur un livre de Marivaux que j’avais étudié en cours. Ceci explique cela ! Dans son tout nouveau recueil de poésie, Bruno Doucey va donner la parole à ceux que l’on n’entend pas, ou peu : des Grecs touchés de plein fouet par la crise, des hommes et femmes entourant le lit de leur ami mourant, et une femme de cité dont le fils semble lentement mais sûrement se diriger vers l’extrémisme religieux. Oubliés Baudelaire et son albatros, Rimbaud et son dormeur du val, ici on retrouve des thèmes modernes que tout le monde connaît, de près ou de loin.

Alors, la magie a-t-elle opérée, ai-je – finalement ! – été très émue par le pouvoir des mots ? Eh bien… Malheureusement non. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce petit recueil. Je l’ai dit, j’admire ceux qui peuvent mettre les bons mots sur des émotions ou situations particulières, et encore plus ici. Les trois thèmes abordés sont assez durs et je dois dire que je me demandais vraiment comment l’auteur réussirait à en parler en poèmes. Au final, j’ai été très agréablement surprise.

La situation des habitants d’un village grec est narrée de plusieurs points de vue, en général, un poème aborde les problèmes et pensées d’un des villageois. Tous ces points de vue, expliqués très simplement mais avec des mots très forts, contribuent à former un aperçu global de la situation et des pensées de ceux qui sont concernés par la crise qui fait du bien à lire. C’est agréable d’avoir un aperçu de la situation d’un point de vue plus personnel que celui qui nous propose juste des chiffres alignés…

Le deuxième tiers du livre, qui aborde le cas d’un ami mourant du cancer, entouré de ses proches, est celui qui m’a le moins plu. Il m’a paru un petit peu trop long et parfois trop abstrait à mon goût (je ne sais pas s’il est tiré d’une situation que Bruno Doucey a vécu, mais cela m’a semblé être le cas, et certaines références qu’il faisait me paraissaient du coup bien floues…), bien que j’ai ressenti un réel besoin de coucher ces émotions et expériences sur papier.

Quant à la dernière partie, qui aborde d’un thème très sensible et connu ces derniers temps (la conversion qui vire à l’extrémisme religieux), c’est celle qui m’a le plus plu ! Peut-être justement parce que c’est un thème qui m’est connu, de loin certes, j’ai en tout cas trouvé que le désespoir et l’impuissance de cette maman face aux décisions de son fils étaient très touchants et très bien décrits…

En bref, ce recueil ne m’a pas transformée, d’un coup de baguette magique, en amatrice de poésie, malheureusement, mais il m’a réconciliée avec la poésie, que j’avais totalement délaissée après une expérience baudelairienne désastreuse (pourquoi, ô pourquoi, nous faire étudier le même poème pendant trois heures, sans répit ??). J’ai également découvert un aspect plus moderne de la poésie que je n’avais, jusque là, jamais vu, et j’ai apprécié pouvoir une lecture différente sur des thèmes dont on entend beaucoup parler…

La citation

Comme beaucoup de monde, j’ai été énormément touchée par les attentats du 13 novembre, et les poèmes qui y sont consacrés m’ont donc encore plus parlé que les autres. En voici un extrait :

« Ils ont tué des êtres

qui chantaient en trois langues

(l’une pour le quotidien

l’autre pour la poésie

la troisième pour l’amour)

parce que la vie délie les nombres »

 

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Cette fois-ci, la réponse sera simple : non et non ! Bruno Doucey a par contre écrit et publié d’autres recueils de poésie et romans, à explorer si vous avez un coup de coeur pour sa plume…

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