We Need To Talk About Kevin, de Lionel Shriver (Il Faut Qu’on Parle de Kevin)

 

RemarqueJe suis bien consciente qu’au vu des événements qui se sont déroulés à Orlando, ce livre n’est pas le meilleur pour se remonter le moral et qu’il fait un peu trop écho au massacre qui est arrivé. L’article étant écrit depuis plusieurs jours, j’ai décidé de le publier, mais je n’en voudrai à personne si vous décidez de ne pas le lire 🙂

Toutes mes pensées vont aux proches et familles des victimes…

 

 

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Couverture de We Need To Talk About Kevin, aux éditions Serpent’s Tail. Image tirée du site d’Amazon.

Données techniques

We Need To Talk About Kevin est un roman de Lionel Shriver paru en 2003. Il a été traduit en français par Françoise Cartano et est sorti en 2006 aux éditions Belfond. Mon exemplaire est édité chez Serpent’s Tail et fait un peu plus de 400 pages.

Résumé

Dans We Need To Talk About Kevin, on lit les lettres qu’Eva Khatchadourian écrit à son mari absent, Franklin. Elle se sert de ce moyen d’expression pour sortir tout ce qu’elle a sur le coeur en ce qui concerne leur fils, Kevin. Dès le début, on comprend que ce dernier a commis un massacre dans son école, et qu’Eva essaie de comprendre pourquoi c’est arrivé. Au fil des pages, on découvre un Kevin glaçant, et une relation mère/fils très perturbante…

Note

7/10

L’histoire est vraiment très intéressante et mène à de nombreuses réflexions. L’auteure a un talent pour nous faire changer d’opinion d’une page à l’autre, ce que j’ai trouvé très appréciable dans ce livre. Cependant, les personnages étaient parfois un poil caricaturaux et le style ainsi que le vocabulaire sont lourds, malheureusement.

Mon avis

We Need To Talk About Kevin était un des livres que j’avais à étudier pour mes examens d’anglais de l’année passée (nostalgie, quand tu nous tiens…). Je me souviens très précisément d’une des questions qui m’avait été posée lors de l’oral : « Est-ce que vous pensez que des enfants comme Kevin, diaboliques à ce point-là, existent vraiment ? » Ma réponse, plus ou moins : « Euh oui, euh non, euh peut-être, euh je sais pas trop. » (Oui, j’ai réussi mes examens avec cette réponse !)

Cette brillante réponse très recherchée résume extrêmement bien mon avis sur toutes les questions qui sont, inévitablement, posées dans ce livre. Est-ce que le massacre est arrivé parce qu’Eva était une mauvaise mère, ou est-ce que Kevin est fondamentalement mauvais, et ce depuis le jour de sa naissance ? Est-ce qu’Eva est dans le tort, ou est-ce que c’est simplement la faute à pas de chance ? Certains lecteurs ont un avis très défini sur ces questions, en ce qui me concerne, je n’en ai aucune idée. Et, pour moi, c’est un des gros points forts de ce livre : d’un chapitre à l’autre, voire d’une page à l’autre, Lionel Shriver nous fait changer d’avis comme de chemise. Un instant, on se dit que, quand même, Eva a un comportement envers son fils sacrément mauvais, et est très très suspicieuse. L’instant d’après, Kevin commet une quelconque horreur qui remet tout en cause. En bref, je suis vraiment très heureuse de n’avoir eu qu’une seule question sur ce roman (les 14 minutes précédentes étant occupées par un interrogatoire – carrément – sur The War of the Worlds, de H.G. Wells) parce que je suis bien incapable de donner un avis définitif sur la situation qui nous est présentée.

Vous l’aurez compris, les personnages sont bien construits, même si, par moments, ils paraissent être légèrement caricaturaux, avec des traits de personnalité exagérés. Le père, Franklin, par exemple, est tellement naïf qu’on se demande sérieusement s’il ne vit pas avec des oeillères en permanence lorsqu’il s’agit de sa famille. Quant à Kevin, sa méchanceté, voire sa malveillance, paraît parfois être vraiment poussée à son extrême. En même temps, me direz-vous, il finira par abattre neuf personnes, donc les limites de la méchanceté sont à revoir dans son cas…

Le format choisi pour la narration des événements est un plus côté originalité. Je ne le décrirais pas totalement comme étant épistolaire, car les lettres qu’écrit Eva à son mari absent (mais absent où ? Ah !) restent sans réponse et sont presque plus un journal intime qu’une vraie correspondance. Seul défaut, la chronologie est parfois un peu tordue et il faut, de temps en temps, réfléchir pendant quelques secondes pour situer dans le temps ce qui nous est raconté. J’ai également beaucoup apprécié le fait que le suspens monte de plus en plus, pour atteindre son sommet lors des quelques dernières lettres, qui révèlent tout ce qui s’est passé lors de ce jour maudit.

L’aspect qui me dérange vraiment dans ce livre, cependant, c’est le vocabulaire et le style utilisés. Je ne sais pas ce qu’il en est en ce qui concerne la version française, mais en anglais c’est lourd. Les phrases sont rédigées bizarrement, comme si l’auteure avait cherché la syntaxe la plus compliquée pour montrer qu’elle maîtrisait la langue, et le vocabulaire est très recherché.. voire trop, vraiment. Je veux bien que ça puisse être sympathique d’incorporer de « beaux » mots de temps en temps, pour montrer qu’on connaît et qu’on sait les utiliser, mais à force, ça rend la lecture vraiment lourde, limite pénible. Dommage, ça dessert vraiment l’histoire qui est très intéressante et très bien conçue !

Difficulté de lecture en version originale (anglais)

4/5 !

Je le disais, le vocabulaire et la syntaxe sont bien tordus. En plus de ça, le livre est assez dense et les chapitres parfois bien longs. Je pense plutôt bien maîtriser l’anglais écrit, malgré ça, certains passages m’ont forcée à bien les relire pour être sûrs de comprendre. À réserver pour les plus confirmés, donc !

La citation

Livre d’examens oblige, j’avais environ quatre millions de citations soulignées à travers le livre (tout ça pour une question somme toute assez bête) ! Mais finalement, au vu des événements qui pullulent, bien malheureusement, ces derniers temps, j’ai choisi celle-ci. Elle me parle beaucoup car, plusieurs fois déjà, je me suis demandée comment punir des gens qui n’en ont plus rien à faire de leur vie maintenant qu’ils ont atteint leur but…

« […] You can only subject people to anguish who have a conscience. You can only punish people who have hopes to frustrate or attachments to sever; who worry what you think of them. You can really only punish people who are already a little bit good. »

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Pas de suite, non !

Par contre, il existe un film, sorti en 2011 et réalisé par Lynne Ramsay. Ezra Miller joue le rôle de Kevin, et Tilda Swinton (oui, la sorcière de Narnia) interprète sa mère. J’ai vu le film juste avant de passer mes examens et je l’ai trouvé plutôt réussi ! Bien sûr, il n’est pas aussi complet que le livre, qui donne un très bon aperçu des sentiments d’Eva, mais il est suffisant si l’histoire vous intéresse. Il a une note de 7,5/10 sur IMDb.

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