Boomerang, de Tatiana de Rosnay

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Couverture de Boomerang, aux éditions Livre de Poche. Image tirée du site de l’éditeur.

 

Données techniques

Boomerang est le deuxième roman de Tatiana de Rosnay, paru en 2009. La version originale, en anglais est titrée A Secret Kept. Le roman a été traduit par Agnes Michaux et ma version, sortie aux éditions Le Livre de Poche, fait un peu moins de 400 pages.

Résumé

Pour les 40 ans de sa soeur, Mélanie, Antoine décide de faire fort : un retour aux sources, à Noirmoutier, là où ils passaient leur été lorsqu’ils étaient enfants et que leur mère était encore vivante. Au retour, Mélanie semble se souvenir de quelque chose de très important et, alors qu’elle s’apprête à révéler ce secret à son frère, c’est l’accident. Antoine devra alors jongler entre l’hôpital où se rétablit sa soeur, ne se souvenant plus de ce qu’elle voulait révéler, et sa vie de père célibataire, divorcé depuis peu et débordé par ses trois adolescents…

Note

6/10 !

Je ne qualifierais pas ce livre de déception, mais ce n’est pas une magnifique découverte non plus. Antoine, le personnage principal, est attachant, et le style est sympathique pour une lecture sans prise de tête, mais l’intrigue oscille entre trop de choses et pas assez de surprise. En ajoutant à cela des personnages secondaires un peu trop creux, on obtient un roman qui ne m’a pas franchement emballée, même s’il restait plutôt addictif…

Mon avis

Comme beaucoup, j’imagine, j’ai découvert Tatiana de Rosnay avec Elle S’Appelait Sarah. Je n’en ai plus qu’un vague souvenir, ça fait maintenant plusieurs années que je l’avais lu (à une époque où je lisais tous les livres sur l’Holocauste que je pouvais trouver… très joyeux.), mais je sais que j’avais apprécié ma lecture et le nom de l’auteure m’est resté en tête depuis. Alors, quand ma bibliothèque – oui, encore elle ! – a mis en avant Boomerang, un autre de ses romans, je n’ai pas pu résister. Verdict ? Très mitigé.

Tout d’abord, il y a le style. Je ne me considère pas comme étant une lectrice « élitiste » et j’apprécie tout autant lire du Musso que du Hugo que du Maupassant que du Levy… Bref, tant que je reste éloignée de E.L. James, pas de souci. Par contre, il me semblait avoir pensé que le style de de Rosnay était un peu plus recherché. Je ne sais pas si c’est un effet de la traduction (le livre ayant été écrit en anglais à la base) ou si c’est la même chose en langue originale, mais j’ai été surprise par les phrases très courtes et très accrocheuses, à la Musso en fait. Je m’y suis vite habituée et ça n’a pas été un problème par la suite, mais il ne faut pas s’attendre à de la syntaxe très recherchée, parce qu’on en trouve rarement. Ça plaît ou ça ne plaît pas, ma maman aime beaucoup, ça ne me dérange pas de temps en temps, mais mieux vaut être prévenu ! Au final, on obtient quand même un roman bien addictif et qui donne envie de découvrir la fin, envers et contre tout. Pour chipoter un peu (ok, beaucoup, je sortais d’examens de français assez poussés, surtout en ce qui concerne la ponctuation, ça laisse des traces…) j’ai par contre remarqué quelques erreurs dans la traduction, des petites fautes d’orthographe et de conjugaison et, surtout, une ponctuation un peu hasardeuse. Alors oui, je suis particulièrement attentive à ça, c’est vrai, donc c’est peut-être un problème qui ne concernera que peu de lecteurs…

Les personnages, ensuite. Clairement, c’est le gros point fort du livre, en tout cas en ce qui concerne le protagoniste principal, Antoine. On arrive bien à se mettre à sa place (même si les ennuis s’accumulent vraiment beaucoup pour lui…) et on ressent beaucoup de sympathie face à ce qu’il vit. Un signe qui ne trompe pas ? On lui pardonne facilement ses erreurs ! Côté personnages secondaires par contre, j’ai trouvé que c’était parfois un peu creux. Je pense notamment à la fille d’Antoine, qui vit un événement particulièrement horrible mais à qui, malgré tout, on a du mal à s’attacher. Elle est un peu trop absente et détachée tout le long du livre à mon goût, et j’ai retrouvé le même problème chez plusieurs des autres personnages.

L’intrigue, finalement. Et c’est là que ça a bloqué pour moi. La révélation de fin manque franchement de surprise et de substance. Dans un livre écrit il y a une vingtaine, voire trentaine d’années, peut-être que le retournement de situation aurait surpris, voire choqué. Là, par contre, je n’ai pas vraiment été surprise, et la réaction des différents protagonistes après révélation m’a paru exagérée et caricaturale. J’ai également un peu grincé des dents en lisant l’accumulation de problèmes pour Antoine. Je sentais que l’auteure a voulu bien faire, qu’elle a voulu explorer la réaction d’un père célibataire et franchement désoeuvré face à des ados qui ne lui rendent pas la vie facile (volontairement ou non) et que, pour pimenter la chose, elle a rajouté des événements dramatiques qui piqueraient l’intérêt du lecteur. Soit, mais quand un accident s’ajoute à un décès qui s’ajoute à une arrestation… eh bien ça me donne une sensation d’excès. Dommage, car la promesse était alléchante et le personnage d’Antoine vraiment sympathique, mais j’ai eu la vague impression que le roman oscillait entre trop peu de substance, avec la révélation finale, et un trop plein de problèmes…

La citation

En plus d’explorer les problèmes d’un père célibataire débordé, ce roman parle beaucoup de l’influence que peut avoir une enfance sur le reste d’une vie. Ainsi, on voit qu’Antoine, comme son père, reste assez froid et, surtout, a de la peine à montrer ses émotions. Ce vaste thème, de l’impact de l’enfance, est joliment résumé par les questions qu’Antoine se pose :

« Somme-nous condamnés à être façonnés par notre enfance, ses blessures, ses secrets, ses souffrances cachées ? »

Une suite ? Une adaptation cinématographique ?

Une adaptation est sortie tout récemment, en septembre 2015, avec François Favrat à la réalisation, Laurent Lafitte et Mélanie Laurent dans les rôles principaux. Le film a une note de 6,5/10 sur IMDb.

Pas de suite écrite ou prévue par contre, mais la bibliographie de Tatiana de Rosnay est plutôt large, de quoi trouver votre bonheur si vous accrochez à son style !

Une réflexion sur “Boomerang, de Tatiana de Rosnay

  1. ynabel dit :

    J’ai, comme toi, découvert Tatiana de Rosnay à travers son roman Elle s’appelait Sarah, lu il y a longtemps aussi, j’en garde un bon souvenir. Par contre, je n’ai pas encore retenté l’auteure, j’ai La mémoire des murs dans ma bibliothèque, qui était offert pour l’achat de deux livres de poche, à voir si son style me plait toujours… Quant à Boomerang, j’avais vu la BA du film lorsqu’il était sorti mais il ne m’a pas tenté plus que ça et ton avis me le confirme !

    Aimé par 1 personne

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