Le Voile de Téhéran, de Parinoush Saniee

 

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Couverture de Le Voile de Téhéran, aux éditions Points. Image tirée du site de l’éditeur.

 

Données techniques

Le Voile de Téhéran est un roman de Parinoush Saniee sorti en 2015. Il a été traduit en français par Odile Demange. Mon exemplaire, paru aux éditions Points en 2016, fait environ 620 pages.

Résumé

Massoumeh, jeune Iranienne de 16 ans, mène une amourette inoffensive avec un charmant pharmacien. Problème, sa famille, très attachée aux traditions, s’en rend compte. Sa punition ? Elle va être mariée de force à un homme qu’elle n’a jamais vu. D’abord désespérée, elle retrouvera rapidement un peu de joie en se rendant compte que son mari lui laisse toutes les libertés, particulièrement celle de réaliser son rêve : poursuivre ses études. Malheureusement, cette liberté et cette joie se révèleront vite n’être qu’une illusion…

Note

9/10 !

Il frôle le coup de coeur, mais peut-être était-il vraiment trop sombre pour moi. C’est une lecture difficile, nécessaire, mais remplie d’injustices qui m’ont fait serrer les dents. La fin est vraiment la cerise sur le gâteau, ou plutôt le coup de massue sur la lueur d’espoir…

Mon avis

Vous cherchez un livre qui met du baume au coeur ? Qui vous donne l’espoir que, peut-être, un jour, les femmes auront partout les mêmes droits que les hommes ? Un livre que vous finissez avec le sourire aux lèvres et la joie dans le coeur ? Eh bien, il n’est pas encore trop tard pour fuir.

J’ai eu de la peine à finir ce livre, non pas parce qu’il est mal écrit (c’est loin d’être le cas, même s’il y a quelques bavures dans la traduction), ni parce que l’histoire n’est pas passionnante, mais parce que les événements tristes voire horribles s’enchaînent quasiment sans répit. Comme le dit si bien Massoumeh, pour elle, chaque période de calme annonce une nouvelle période de souffrances. Pour le lecteur, ça veut dire qu’on en vient à totalement redouter les pages qui parlent de bonheur et de calme. Surtout quand elles sont nombreuses, car la chute n’en sera que plus douloureuse.

Le Voile de Téhéran, c’est un livre que je recommanderais chaudement, à tout le monde bien sûr, car ce récit de vie est extrêmement touchant, mais surtout à ceux qui doutent que le féminisme soit encore nécessaire. À ceux qui auraient peut-être besoin d’une piqûre de rappel, qui ont l’impression que «après tout, les femmes sont plutôt bien traitées à notre époque !» (on va pas se mentir, ces gens-là portent probablement des oeillères très efficaces, ou une connerie affligeante, au choix). Et tant qu’à faire, je l’utiliserais volontiers pour mettre un coup à ceux qui se prétendent partisans du masculinisme.

J’ai été totalement emportée par ce récit de vie, au point d’en avoir mal au coeur pour Massoumeh, particulièrement à la fin (sérieusement, une fin heureuse, c’était trop demander ??) qui m’a totalement chamboulée. Difficile de préciser pourquoi sans tout spoiler, mais la trahison des dernières pages était particulièrement dure à encaisser. J’ai souffert à ses côtés et j’ai très souvent eu envie de la prendre dans mes bras et de lui assurer que tout irait bien pour elle. Et après je me suis rendu compte que ce câlin devrait probablement s’élargir pour accommoder des milliers de femmes, même encore aujourd’hui, et j’étais encore un peu plus déprimée. J’en suis ressortie avec un peu plus de connaissances, sur la condition des femmes en Iran mais aussi sur le pays en lui-même, vu que le thème de la révolution et celui de la guerre jouent un grand rôle dans l’histoire. Tous les personnages principaux sont admirablement bien décrits, et c’est très facile de les détester ou de les adorer. Généralement, quand j’ai envie de frapper un protagoniste, je considère que le livre est bien écrit et intéressant… Là, en l’occurence, j’ai eu envie, souvent, d’en frapper plusieurs.

Alors oui, je lui ai trouvé des défauts, notamment des passages où il me semblait que des bouts plutôt importants du récit avaient été laissés de côté, au point que je me suis demandé si je n’avais pas malencontreusement sauté quelques pages. J’ai aussi de la peine à le considérer comme un coup de coeur puisque, naïve que je suis, je préfère les fins heureuses, ou qui laissent au moins une lueur d’espoir. Malgré ça, c’était une excellente lecture qui m’a, à coup sûr, marquée et qui ne me laissera pas tranquille de sitôt…

La citation

Difficile de sélectionnaer une seule citation dans un livre rempli de phrases intelligentes et qui, souvent, font écho dans notre esprit avec les problèmes divers et variés de notre société d’aujourd’hui. Mais celle-ci est très percutante et résume plutôt bien les problèmes de tout le livre :

« Les filles ne servent à rien. Elles appartiennent à d’autres. »

Une adaptation cinématographique ? Une suite ?

Ça pourrait certainement faire un très beau film, mais pour le moment, rien n’est prévu. De même pour la suite ! (C’est peut-être mieux, mes pulsions de violence ne résisteraient pas à encore plus d’injustice…)

2 réflexions sur “Le Voile de Téhéran, de Parinoush Saniee

  1. Guenièvre dit :

    Bravo pour ce bel article, j’approuve totalement tout ce que tu dis sur le féminisme et la condition des femmes. Ceci dit, j’avoue que je ne sais pas si j’ai le cœur assez bien accroché pour lire ce livre… Je verserais probablement toutes les larmes de mon corps…

    Aimé par 1 personne

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