A Little Life, de Hanya Yanagihara

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A Little Life, de Hanya Yanagihara, aux éditions Picador

MickeyContemporain

Genres

Contemporain ; Fiction ; Drame

Note

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Quatre amis fraîchement sortis du lycée arrivent à New York, pauvres, mais plein d’ambition. Et surtout, liés par leur amitié. Il y a Willem, acteur en devenir ; JB, artiste écorché ; Malcolm, passionné d’architecture ; et puis il y a Jude, dont le passé mystérieux mais tragique est le point noir de leur amitié. Au fil des années, des tragédies et des succès, leur relation, leur vie vont évoluer, parfois pour le pire, parfois pour le meilleur. Mais le passé de Jude les hante – et lui plus que tous.

Vous cherchez une petite lecture légère et guillerette pour vos vacances à la plage ? Fly, you fools, comme dirait Gandalf ! Les moments légers et drôles de ce roman (car il y en a) sont éclipsés par des kilos de tristesse et de tragédie. Dès qu’une lueur d’espoir s’allume, elle est réduite à néant dans les pages qui suivent. Le lecteur se retrouve pris, bien malgré lui, dans le tourbillon sombre qu’est la vie de Jude, et n’a qu’une envie : plonger dans les pages et lui assurer que tout va bien. Et puis, parfois, le secouer.

De façon générale, je n’aime pas les romans tristes, à quelques exceptions près. C’est peut-être pour ça qu’après avoir vu tant de critiques qui soulignaient son côté dramatique, j’ai laissé ce livre de côté pendant une bonne année avant de m’y attaquer. Et j’ai été servie : après la 300ème page, j’ai arrêté de compter le nombre de « mais noooon » que je n’ai pas pu retenir à la lecture d’un énième mauvais rebondissement. Ai-je apprécié ce livre pour autant ?

Eh bien oui. Tout d’abord parce qu’on s’attache énormément aux personnages (à certains plus qu’à d’autres ; pour ma part, Willem fut mon chouchou), en témoignent d’ailleurs les réactions possiblement excessives que certains événements ont provoquées chez moi. Ensuite parce que l’écriture est superbe : poétique, développée, on se croirait aux côtés des héros. Et puis finalement parce que le travail derrière chacun des personnages, la construction de leur personnalité, de leur passé, de leurs ambitions, est tout simplement incroyable. Il a fallu dix-huit mois à Hanya Yanagihara pour écrire ce roman, et on ressent tout le travail derrière chaque ligne.

En résumé, j’ai été époustouflée et soufflée par ce roman qui est d’une rare intensité, et que je n’ai pas pu lâcher une fois les dix premières pages lues.

À qui recommander ce livre ? À ceux et à celles qui ne sont pas perturbés par les durs sujets qui y sont abordés, et qui peuvent facilement créer une angoisse si l’on est touché de près ou de loin. Soyez-en conscients donc, et faites quelques recherches avant de vous lancer si vous vous savez sensible sur certains sujets. Et puis, à tous ceux et toutes celles qui n’ont pas peur d’être bouleversés par un livre, et qui ne craignent pas la sensation de vide ressentie après avoir tourné la dernière page. Mais retenez-le bien : on n’en sort pas indemne.

 

Et en français, alors ?

Ce n’est clairement pas un roman que je recommanderais de lire en version originale à qui veut s’y essayer, car le vocabulaire est très très riche, et la construction des phrases parfois alambiquée. Mais n’ayez crainte ! Le livre a été traduit en français, sous le titre Une vie comme les autres, par Emmanuelle Ertel et publié en début d’année aux éditions Buchet-Chastel.

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